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Spain bull



 
oct
23
2006
Alonso consacré! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Jacques Larrochelle   

Alonso, nouveau roi de la F1


La presse espagnole, unanime, salue ce lundi la victoire de son enfant chéri, Fernando Alonso, désigné comme « le nouveau patron de la Formule 1 » après son deuxième sacre de champion du monde, dimanche, à l'issue du dernier Grand prix de la saison organisé au Brésil....

« Alonso a mis à la retraite le plus grand pilote de l'histoire » titre en Une le quotidien sportif Marca, « Alonso nouveau patron de la F1 » pour ABC ou encore, « Alonso, le mythe qui a détrôné Schumacher » pour La Razon. La Vanguardia célèbre le « début de l'ère Fernando Alonso » quand El Pais se félicite qu'« Alonso reste le roi. »......

Un bouquet de drapeaux français s'agite au pied du podium. Sur le désormais célèbre air On est les champions, un groupe de techniciens de l'écurie Renault F1, se souvenant de la finale perdue par l'équipe de France lors du dernier Mondial de football, s'en donne à coeur joie. En ce dimanche 22 octobre, sur la piste du circuit d'Interlagos, au sud de Sao Paulo, où vient de s'achever le Grand Prix du Brésil, leur équipe a décroché, à la barbe de Ferrari l'italienne, un deuxième titre d'affilée de champion du monde des constructeurs.

  
Placé juste au-dessus d'eux, l'Espagnol Fernando Alonso effectue alors une révérence à l'adresse de ces hommes grâce auxquels, à 25 ans, il est devenu le plus jeune double champion du monde des pilotes de l'histoire de la formule 1, après avoir été le plus jeune auteur d'une pole position et le plus précoce vainqueur d'un grand prix.

Sa révérence a aussi valeur de salut respectueux pour celui qui a décidé de quitter Renault et de courir en 2007 sous les couleurs de l'écurie McLaren-Mercedes. "Merci, merci, merci à tous", a lancé le jeune Espagnol, par radio, à toute son équipe en bouclant son dernier tour du Grand Prix du Brésil.

"Gagner les deux titres le même jour est un moment exceptionnel. L'atmosphère dans l'équipe a été vraiment incroyable, se réjouit Fernando Alonso. Cette saison, ils m'ont appris beaucoup de choses : de toujours rester fair-play et de toujours maintenir mon effort et ma détermination à gagner."

Le jeune pilote espagnol n'a pas dû être difficile à convaincre. Attaquant par nature, il a été de surcroît l'un des rares à n'avoir pratiquement commis aucune erreur cette saison. Sa maturité et sa constance dans les conditions extrêmes de la course font de lui le digne héritier de l'Allemand Michael Schumacher, qui, à l'occasion de ses adieux au grand cirque de la formule 1, a signé l'une des plus belles partitions de sa carrière.

"Avoir couru contre lui et avoir gagné me rend vraiment très fier. Avoir remporté ces deux titres alors qu'il était encore en piste est bien plus gratifiant que de gagner parce qu'il a pris sa retraite", a reconnu Fernando Alonso, qui n'a pas poussé plus loin l'hommage au septuple champion du monde.

Satisfait du travail accompli, Fernando Alonso n'a toutefois pas souhaité partager la liesse nocturne des Bleus de Renault dans la mégalopole brésilienne, préférant se rendre directement parmi les siens, en Espagne, où l'attend un concert d'éloges : "Il est un exemple pour la jeunesse espagnole !", a commenté le président du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero.

De son côté, Flavio Briatore, patron de l'écurie Renault, refait déjà la saison écoulée : "Notre combat contre Ferrari a été incroyable cette année. Nous avons fait le boulot et nous avons mérité ces deux titres. En tant qu'équipe nous avons fait moins d'erreurs que nos rivaux, et Fernando a fait de même vis-à-vis de Michael."

La joie de cette double couronne aidant, les membres de l'écurie n'ont pas jugé opportun de reparler de certaines des déconvenues subies lors de la saison. Aucun d'entre eux n'a souhaité commenter les décisions prises à l'encontre de Renault F1 par la Fédération internationale de l'automobile (FIA).

 
Pourtant, les rétrogradations imposées à Fernando Alonso en Hongrie (le 6 août) et surtout à Monza, en Italie (le 10 septembre), l'interdiction, infligée en milieu de saison, d'utiliser un système d'amortissement de vibrations (mass dampers) particulièrement performant, qui avait été validé quelques mois auparavant, auraient pu très sérieusement hypothéquer les chances de victoire finale de l'écurie franco-anglaise. Fernando Alonso lui-même n'avait alors pas manqué de fustiger la formule 1, qu'il affirmait n'être "plus un sport".

Mais le carton plein de Renault est avant tout une aubaine pour le futur du constructeur automobile, qui compte bien exploiter ces succès dans ses concessions. "Nous avons mérité d'être l'équipe championne du monde car nous avons été les plus fiables durant toute la saison, se félicite Alain Dassas, président de Renault F1. Nous avons battu Ferrari, qui est la référence, mais aussi, il ne faut pas l'oublier, Mercedes, BMW, Honda et Toyota. C'est pour nous quelque chose de fantastique."

 

 



Article paru dans l'édition du Monde du 24.10.06

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