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Spain bull



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oct
12
2006
Yo soy la juani de Bigas Luna Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Joe Pardo   
 

Las Juanis 

Le paraître est devenu une religion en Espagne. Et lorsqu’on veut avoir une certaine image de soi ou bien donner l’impression d’en avoir une, ce phénomène a un nom : Las Juanis. Il prend une telle ampleur en Espagne qu’un film s’en inspire, par le cinéaste espagnol Bigas Luna. Il s’intitule « Yo soy la Juani ». C’est le nom donné à une catégorie de [jeunes] femmes espagnoles qui « reconnaît qu’elle aimerait pouvoir s’habiller chez Miss Sixty, mais qu’elle achète ses vêtements chez Zara, Mango et Stradivarius, les marques les moins chères. »

source : Courrier International, du 22 décembre 2005, tiré d’El Mundo.

« Pour mieux comprendre la passion de ces jeunes filles pour la beauté, il suffit d’entrer dans n’importe quelle parfumerie de quartier. Et là, c’est une vraie révélation : dans les rayonnages, les mallettes de maquillage ont deux, trois voire quatre étages. La pression médiatique n’est pas étrangère à cette passion de l’esthétique qui fait que les Juanis aspirent à être coiffeuses, maquilleuses, mannequins ou esthéticiennes. »

Mais là où ça devient intéressant, c’est l’enjeu social derrière le phénomène des Juanis. Elles ne sont pas des femmes superficielles qui cherchent à tout prix une image. C’est une toute autre motivation qui les pousse en général : « Nuria (Juani en puissance) ne manque pas la moindre occasion de mettre un pied dans le monde du travail : elle écume les salons et participe à des séances photos. Les jours ouvrables, elle ne rentre jamais chez elle avant 21h30. (…) Elle est tellement centrée sur son travail et ses études qu’elle ne veut pas d’un petit ami qui lui volerait son temps. Les Juanis veulent être indépendantes sentimentalement et financièrement. La quasi totalité d’entre elles ont abandonné le lycée pour s’inscrire dans des instituts de coiffure et d’esthétique ou pour suivre une formation professionnelle. »


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