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Une majorité de Français, d'Allemands et d'Italiens voient dans l'euro, cinq ans après son adoption par 12 pays, le responsable de la flambée des prix. En Espagne, les choses sont perçues différemment. « El Pais » parle même de « l'histoire d'une réussite à une échelle sans précédent ». Dernier témoignagne de ce succès, souligne le quotidien espagnol, la Slovénie, « un pays de ce qui fut l'Europe de l'Est » et qui, en soixante-dix ans, avait connu quatre monnaies différentes, vient de rejoindre l'eurozone. L'adoption de l'euro par ces 13 pays « représente un abandon de souveraineté », souligne le journal de centre-gauche...
La monnaie unique, rappelle « El Pais », a dû affronter « le scepticisme si ce n'est les avertissements directs d'échec de très nombreux politiciens et universitaires des deux côtés de l'Atlantique. Et les critiques n'ont fait que s'amplifier ». Et pourtant, ajoute le journal, même si un grand nombre de personnes dans l'eurozone restent sceptiques, « le résultat de cette opération de renforcement du processus d'intégration européenne est dans l'ensemble positif ». Pour le journal, les augmentations de prix en Espagne, notamment dues aux arrondissements lors du passage de la peseta à l'euro, semblent bien minimes au regard de l'ampleur de cette opération. « La monnaie unique, affirme-t-il, n'a pas entraîné une explosion du chômage et de l'inflation. » De plus, l'euro s'est affirmé comme monnaie de réserve pour les banques centrales dans le monde face à un dollar déclinant et a même gagné du terrain comme moyen de paiement pour les contrats pétroliers. « D'un point de vue purement espagnol, poursuit le journal, le pari sur l'euro a été généreusement récompensé dès sa conception. » Il a permis la stabilisation de l'économie, nécessaire à la baisse des taux d'intérêt, fondement de l'actuelle phase d'expansion. Mais le journal appelle l'Espagne à rattraper « le temps perdu » en termes de formation « du capital humain et technologique ». « Sinon, conclut «El Pais», l'Espagne prend le risque de voir l'impulsion donnée par l'euro laisser, comme seul résultat tangible à moyen terme, un immense parc immobilier et un déficit extérieur insoutenable qui nous ferait regretter la peseta. »
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