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Désormais 8e économie mondiale, l'Espagne connaît une forte croissance et est même sur le point de dépasser l'Italie en terme de revenu par habitant, au grand étonnement des transalpins qui ont longtemps considéré les Espagnols comme des cousins moins fortunés. Après de longues années de vaches maigres après la mort de Franco, l'Espagne connaît désormais une croissance soutenue, qui s'est établie à 3,5% en 2005 et devrait atteindre au moins 3,4% cette année, selon le gouvernement. A 8%, le chômage est à son plus bas depuis 27 ans après avoir dépassé les 20% dans les années 90.
Selon les chiffres de l'Union européenne, le PIB par habitant s'élève à 98,2% de la moyenne européenne, contre 100,5% pour l'Italie. Mais les économistes et responsables politiques espagnols estiment que l'Espagne dépassera l'Italie en 2009, voire avant. L'Espagne a déjà récemment supplanté le Canada au rang de huitième économie de la planète, selon la Banque mondiale. Une performance qui, aux yeux de certains, lui ferait mériter d'entrer dans le club très fermé du G8, qui regroupe les principaux pays industrialisées. La prospérité nouvelle de l'Espagne s'explique en grande partie par son appartenance à l'Union européenne. Madrid a ainsi bénéficié d'une hausse sans précédent des investissements immobiliers et de la consommation privée, alimentée par les taux d'intérêt bas fixés par la Banque centrale européenne. L'Espagne a également été l'un des principaux bénéficiaires de l'aide économique de l'UE, avec 65 milliards d'euros reçus depuis 2000. Ces dernières années, quelque quatre millions de migrants d'Amérique du Sud, d'Europe de l'Est et d'Afrique sont arrivés en Espagne, fournissant une main d'oeuvre bon marché bienvenue pour l'économie. En outre, les entreprises espagnoles ne se limitent plus aux frontières nationales. Cette année, Grupo Ferrovial était à la tête d'un groupe d'investisseurs qui a fait l'acquisition du britannique BAA, premier opérateur aéroportuaire mondial. Le géant espagnol des télécommunications Telefonica a de son côté absorbé le britannique O2 l'an dernier. L'économie espagnole pourrait toutefois rencontrer des difficultés à l'avenir. De nombreux économistes évoquent notamment une bulle de l'immobilier, dont les prix ont plus que triplé en dix ans et continuent à grimper, qui pourrait avoir en cas d'éclatement des conséquences graves sur le reste de l'économie.
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