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Page 3 sur 3 Un chien andalouLuis Buñuel, l'un des meilleurs cinéastes du XXème siècle. Salvador Dalí, l'un des meilleurs peintres du XXème siècle. Que résulte-t-il du mélange des rêves de deux artistes géniaux dont la folie se répand partout ? La réponse : Un chien andalou. Objet de nombreuses interpretations et critiques, Un chien andalou est une bijou de l'art surréaliste et du cinéma en général. Mais pourquoi faut-il examiner ce qui est en essence le fruit de la démence ? Pourquoi faut-il trouver des éxegèses à ce dont le but n'est que de s'exprimer ? Un chien andalou n'est pas un message profond caché derrière un défilé d'images incohérentes, non plus que le résultat d'une épuisante investigation scientifique. Ce film est le surréalisme pur ; ce n'est qu'un rêve filmé. La naissance de l'idée originale a pris lieu en décembre 1928, à Cadaquès, lors d'une conversation entre les deux dont Buñuel se rappelle : Dalí me dit : Moi, cette nuit, j’ai rêvé que des fourmis pullulaient dans ma main. Et moi : Eh bien ! Moi, j’ai rêvé qu’on tranchait l’oeil de quelqu’un. Les artistes ont mis six jours à écrire le scénario du film. Luis Buñuel racontait comment ça c'est passé : Nous étions en telle symbiose qu'il n'y avait pas de discussion. Nous travaillions en accueillant les premières images qui nous venaient à l'esprit et nous rejetions systématiquement tout ce qui pouvait venir de la culture ou de l'éducation. Il fallait que ce soient des images qui nous surprennent et qui soient acceptées par tous les deux sans discussion. Par exemple, la femme s’empare d’une raquette de tennis pour se défendre de l’homme qui veut l’attaquer; celui-ci regarde alors autour de lui cherchant quelque chose et (je parle avec Dalí) : Qu’est-ce qu’il voit ? – Un crapaud qui vole. – Mauvais ! – Une bouteille de cognac. – Mauvais ! – Bon, je vois deux cordes. – Bien, mais qu’est-ce qu’il y a derrière ces cordes ? - Le type les tire et tombe parce qu’il traîne quelque chose de très lourd. – Ah, c’est bien qu’il tombe. – Sur les cordes, il y a deux gros potirons séchés. – Quoi d’autre ? – Deux frères maristes. – Et ensuite ? – Un canon. – Mauvais ; il faudrait un fauteuil de luxe. – Non, un piano à queue. – Très bon, et sur le piano, un âne… non, deux ânes putréfiés. – Magnifique ! C’est-à-dire que nous faisions surgir des images irrationnelles, sans aucune explication. Le court-métrage (dont le titre préliminaire était Le mariste à l'arbalète) a été tourné en 1929 aux studios Billancourt, et projeté aux salles parisiennes Studio des Ursulines et Studio 28, et la salle espagnole Royalty, à Madrid.  | Plus qu'une oeuvre de cinéma...un morceau d'histoire.. |
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